L’importance du dialogue social

La réforme des complémentaires santé à partir du 1er janvier 2016 oblige toutes les entreprises à revoir les conditions de leur mutuelle d’entreprise. Si certains employeurs voient ceci comme une contrainte et choisissent la mise en place par décision unilatérale (DUE), d’autres en profitent pour négocier avec leurs collaborateurs dans le cadre d’accords d’entreprise ou directement avec leurs salariés via un référendum. La négociation a permis à certaines entreprises de surmonter des situations de crise.

Ne pas avoir peur du changement même en période de crise

En période de crise économique ou financière, beaucoup d’entreprises préfèrent capitaliser sur leurs acquis afin de limiter les pertes plutôt que de réfléchir à de nouvelles solutions. Des salariés ne sentant pas leur entreprise capable de s’adapter aux mutations de l’économie seront nécessairement plus enclins à avoir peur notamment du chômage.

Il s’agit donc pour les employeurs et ses collaborateurs de sortir de la morosité ambiante en essayant de trouver des solutions concrètes aux problèmes rencontrés. S’il faut se montrer ambitieux, il faut cependant rester réaliste. Il ne s’agit pas non plus d’essayer de contenter tout le monde. Il faut garder une stratégie claire et avant-gardiste que les salariés doivent assimiler. Ceci n’empêche pas d’être à leur écoute et de prendre en compte leurs remarques dans la stratégie globale.

Il est indispensable qu’un véritable dialogue social s’installe dans l’entreprise, ce qui impose que l’homme soit mis au centre du processus de transformation.

Dans le cadre de la complémentaire santé, il faudra choisir entre la rapidité d’une DUE et la pertinence sur le long terme d’une complémentaire négociée et acceptée par tous.

Poclain, Bosch, PSA… Des exemples à suivre en matière de dialogue social.

Poclain est un spécialiste en solutions hydrauliques situé en Picardie. En 2009, ils voient leur chiffre d’affaire chuter à cause d’un carnet de commandes qui ne se remplit pas. La solution la plus efficace aurait pu être de supprimer des emplois mais l’entreprise a préféré négocié avec ses salariés leurs contrats : réduction du temps de travail, baisse des salaires, congés imposés… Cet accord de compétitivité-emploi a permis de relancer l’activité sans supprimer de postes. Il y a même eu des embauches par la suite.

L’entreprise Bosch de Vénissieux spécialisée dans les pompes d’injection diesel a été durement touchée par l’obsolescence de son matériel en 2005. S’en est suivie une négociation syndicale qui a abouti sur le perte de jours de RTT, le blocage des salaires pendant 3 ans… On déplore 5 ans plus tard la suppression de 400 postes mais l’accord a été renouvelé en 2010 pour investir dans de nouvelles chaînes de montage. La pratique du dialogue social a permis à l’entreprise de se sauver et ce cas est, en ce sens, un exemple à suivre.

PSA Peugeot Citroen a conclu un accord de compétitivité avec ses salariés en 2013. Les conditions ne sont pas avantageuse s pour les salariés qui doivent renoncer à une augmentation de salaire et s’adapter à des horaires de travail plus flexibles. Mais c’est indispensable pour maintenir en vie ses sites en France à l’horizon 2016. Des avantages comme le 13ème mois ont néanmoins été préservés. Un point doit être fait en 2016 avec tous les syndicats afin de voir si les efforts réalisés ont été suffisants.

 

Ces 3 cas ne sont pas isolés et constituent des exemples à suivre selon votre situation. Des sacrifices ont été demandés aux salariés mais des efforts négociés directement avec les salariés ou du moins avec les syndicats représentatifs sont plus susceptibles d’être acceptés. C’est exactement le même cas de figure dans le cadre de la mise en place de nouvelles garanties en matière de complémentaire santé.